Appel à communications « La ville industrielle à l’écran »

Colloque 8-9 novembre 2018 – Saint-Etienne

Au tournant du XXème siècle, dans l’ébullition du monde industriel, naît le cinéma, un art de masse et bourgeois par excellence. Si la ville au cinéma a déjà fait l’objet de nombreuses études dans divers champs disciplinaires concernés, le sous-thème de la ville industrielle à l’écran semble moins défriché. Et pourtant, depuis les origines, le cinéma a filmé la ville en tant que lieu de la machine, de la technologie et du travail comme avec La Sortie des usines Lumière, Louis Lumière, 1895 ; Metropolis, Fritz Lang, 1927 ; Les Temps modernes/Modern Times, Charlie Chaplin, 1936 pour ne citer que ces quelques balises. Il n’est donc guère étonnant que la ville industrielle soit largement représentée à l’écran.
En effet, quels que soient la période considérée, la culture et le genre envisagé (documentaire et fiction : cinéma social, western, science-fiction, uchronies steampunk, etc.), le cinéma porte toujours sur ces territoires un regard qui mêle dimensions esthétique, spatiale, sociale et politique. Par conséquent, les questions soulevées sont pluridisciplinaires, elles favorisent les approches croisées. Dans le cadre de cet appel, les chercheurs en cinéma mais aussi les spécialistes d’autres disciplines ayant un intérêt pour le 7e art (architecture, urbanisme, sociologie, histoire, arts, musicologie, linguistique, etc.) sont donc invités à proposer leur communication sur ce thème.

De manière non exhaustive et réductrice, plusieurs pistes d’études sont proposées autour de cette thématique de la ville industrielle à l’écran :
AXE 1 – Temporalités et Spatialités : la ville en expansion (industrialisation ; ville-usine ; ville-champignon des ruées vers l’or jaune ou noir ; ville industrielle) ; la ville en déclin (désindustrialisation ; ville postindustrielle ; ville-fantôme) ; les lieux et/ou non-lieux privilégiés de la ville industrielle (les villes réelles, reconstruites ou imaginaires qui servent de décor : architecture, design urbain…)
AXE 2 – Couple « cinéaste, ville/territoire » : Terence Davies et Liverpool, Shane Meadows et Nottingham, Ben Affleck et Charlestown, les frères Dardenne et Seraing, Robert Guédiguian et l’Estaque, Ken Loach et nord industriel, etc.

AXE 3 – Topoï : tradition/modernité, effervescence/stase, horizontalité/verticalité, circularité/sinuosité, surface/subterranéité, flux perpétuels/esthétique de la vacuité, désintégration et poétique des ruines, etc.

AXE 4 – Sons, musiques et paroles : études de bande originale, bande-son, dialogues, musiques du film et musiques dans le film, compositeurs… mais aussi la présence (sonore ou non) à l’écran d’instruments, de musiciens, de disques…

AXE 5 – Habiter : le quotidien (attachement au quartier familier, solitude ou promiscuité du voisinage, vétusté ou pénurie de logements, la ville de l’exil comme inquiétante étrangeté) ; l’impact de l’habitat (formes, matérialité, etc.) sur l’habitus des milieux populaires et ressenti face aux évolutions/transformations de ce type d’urbanisme.

AXE 6 – Dimension politique : cinéma-témoin des campagnes de démolition et de réhabilitation (regeneration) ; regard porté sur les enjeux de patrimonialisation/muséification ou de ségrégation (gentrification/social cleansing) de ces espaces urbains ou périurbains ; ville industrielle associée à la circulation des flux contre ville postindustrielle liée à la fixité des démarcations sociales (sécurisation et privatisation croissantes de l’espace naguère public (gated communities, vidéosurveillance) ; cinéma-mémoire (nostalgie ?) de la ville industrielle pour contrer une forme de dépossession matérielle et symbolique, résister à une mémoire officielle ?

Les propositions, inscrites dans un, plusieurs axes ou même hors-axes, en français ou en anglais, d’une longueur de 300 mots maximum et accompagnées d’une courte bio-bibliographie mentionnant l’institution, la fonction, l’adresse email sont à envoyer avant le 31 janvier 2018 aux adresses suivantes :
anne.lise.marin.lamellet@univ-st-etienne.fr et georges-henry.laffont@st-etienne.archi.fr.

Après l’examen des propositions par le comité scientifique du colloque, un retour sera fait en avril 2018. Le colloque se tiendra à Saint-Etienne les 8 et 9 novembre 2018. Suite au colloque, une sélection des communications donnera lieu à une publication.

Invité : Thierry Paquot (professeur émérite à l’Institut d’Urbanisme de Paris et philosophe)

Comité scientifique :
Jean-François Baillon (Université de Bordeaux)
Isabelle Cases (Université de Perpignan Via Domitia)
Andrea Grunert (Université de Bochum)
Georges-Henry Laffont (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Saint Etienne)
Anne-Lise Marin-Lamellet (Université de Saint Etienne)
Gilles Menegaldo (Université de Poitiers)
Stéphanie Schwerter (Université de Valenciennes)
Nicolas Tixier (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble)
Vincent Veschambre (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon)

Comité d’organisation :
Anne-Lise Marin-Lamellet (CIEREC) et Georges-Henry Laffont (IMU-EVS , Transformations)

Bibliographie indicative :
Alsayyad Nezar, Cinematic Urbanism: a History of the Modern from Reel to Real, Routledge, 2006.
Althabe Gérard/Comolli Jean-Louis, Regards sur la ville, Editions du Centre Pompidou, 1994.
Barillet Julie et al., La Ville au cinéma, Artois Presses Université, 2005.
Bobrowski Thomas, Architecture, urbanisme et cinéma ou la ville mise en scène : Critique architecturale et urbaine par le cinéma de fiction, Omniscriptum, 2014.
Brunsdon Charlotte, London in Cinema, British Film Institute, 2007.
Feigelson Kristian/Creton Laurent (dir.), Villes cinématographiques : Ciné-lieux, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007.
Jousse Thierry/Paquot Thierry, La ville au cinéma. Encyclopédie, Cahiers du cinéma, 2005.
Koeck Richard/Roberts Les (eds.), The City and the Moving Image: Urban Projections, Palgrave Macmillan, 2010.
Mennel Barbara, Cities and Cinema: Critical Introductions to Urbanism and the City, Routledge, 2008.
Mongin Olivier, La Ville des flux, Fayard, 2013

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